L'Institut pour l'Avancée des Biosciences (IAB) en collaboration avec Santé Publique France a récemment publié une étude s'appuyant sur les données des cohortes SEPAGES (Inserm) EDEN (Inserm), ELFE (Inserm/Ined) et PELAGIE (Inserm).
Les résultats de cette étude viennent appuyer le rôle de l'exposition à la chaleur sur les faibles poids de naissance (moins de 2500g). Selon Lucie Adélaïde (première co-autrice de ces travaux), les faibles poids de naissance sont un facteur de risque de complications chez le nouveau-né et de survenue de pathologies à plus long terme , il est donc important d'explorer les causes de survenue des faibles poids de naissance. Jusque là, les études ont exploré l'effet d'un seul facteur environnemental sur les faibles poids de naissance, comme la température ou la pollution.
Dans cette étude, les chercheurs et chercheuses ont étudié l'impact de la chaleur couplé à celui de la pollution de l'air, de la proximité d'espaces verts et de facteurs socio-économiques, notamment des facteurs de stress sociaux. Les données des 21 000 femmes enceintes participantes aux cohortes SEPAGES, EDEN, ELFE et PELAGIE ont été analysées en prenant en compte les périodes d'exposition à ces divers facteurs.
Les résultats de ces travaux montrent qu'une exposition à la chaleur en début de grossesse, modulée par ces autres facteurs pourrait avoir un impact significatif sur le poids de naissance en favorisant les petits poids. L'exposition à la chaleur pendant les deux premiers trimestres de la grossesse apparaît significativement associée à une réduction du poids de naissance de 40 à 200g. En fin de grossesse, l'exposition serait au contraire associée à une augmentation de 60g du poids de naissance. Ces effets seraient plus marqués pour des femmes résidantes dans des zones avec peu d'espaces verts et/ou soumises à un stress social important. Maximilien Génard-Walton, co-premier auteur de la publication insiste sur l'importance de mettre en place des mesures ciblées pour protéger les femmes enceintes et l'enfant dès le début de la grossesse, notamment la végétalisation des environnements de vie qui permettent de réduire l'exposition à la chaleur.
Pour en savoir plus :
Lien vers la publication : https://doi.org/10.1021/acs.est.5c10602
Communiqué de Presse Inserm : Petit poids de naissance : l’impact de l’exposition à la chaleur serait renforcé par les facteurs environnementaux et socio-économiques - Salle de presse de l'Inserm
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