Alimentation, croissance

2017

 

Profil d'alimentation du jeune enfant et développement de l'adiposité à 5 ans

Saldanha-Gomes C, Heude B, Charles MA, de Lauzon-Guillain B, Botton J, Carles S, Forhan A, Dargent-Molina P, Lioret S; on behalf of the EDEN mother-child cohort study group

Prospective associations between energy balance-related behaviors at 2 years of age and subsequent adiposity: the EDEN mother-child cohort

 

Int J Obes (Lond). 2017 Jan, 41:38-45.

 

2016

 

Allergènes contenus dans le colostrum : facteurs de risque de développement d'allergie chez l'enfant ?

Baïz N, Macchiaverni P, Tulic MK, Rekima A, Annesi-Maesano I, Verhasselt V; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Early oral exposure to house dust mite allergen through breast milk: A potential risk factor for allergic sensitization and respiratory allergies in children.

J Allergy Clin Immunol. 2016 Aug 24.

 

Croissance rapide dans le premiers mois de vie et pression artérielle à 5 ans

Taine M, Stengel B, Forhan A, Carles S, Botton J, Charles MA, Heude B; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Rapid Early Growth May Modulate the Association Between Birth Weight and Blood Pressure at 5 Years in the EDEN Cohort Study.

Hypertension. 2016 Oct;68(4):859-65. 

 

Contaminant de l'alimentation maternelle pendant la grossesse et poids de naissance

Kadawathagedara M, Tong AC, Heude B, Forhan A, Charles MA, Sirot V, Botton J, The Eden Mother-Child Cohort Study Group.

Dietary acrylamide intake during pregnancy and anthropometry at birth in the French EDEN mother-child cohort study.

Environ Res. 2016 Aug;149:189-96.

 

Poids des mères pendant la grossesse et corpulence de l'enfant à 5 ans 

Jacota M, Forhan A, Saldanha-Gomes C, Charles MA, Heude B; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Maternal weight prior and during pregnancy and offspring's BMI and adiposity at 5-6 years in the EDEN mother-child cohort.

Pediatr Obes. 2016 May 2. 

 

Consommation de caféine pendant la grossesse et développement de l'enfant

Plusieurs études sur des animaux ont montré que l’ingestion de caféine pendant la période de gestation pouvait avoir des effets néfastes sur le développement du foetus, notamment du cerveau. Pourtant, peu d’études chez l’humain sont disponibles à ce jour. Nous avons donc voulu examiner si la consommation, par les femmes enceintes, de boissons contenant de la caféine était associée au développement ultérieur de leur enfant. Grâce au recueil des données sur l’alimentation de la mère pendant la grossesse, nous avons pu évaluer la fréquence de consommation de café, de thé et de soda, et ensuite estimer le niveau moyen de caféine ingéré. Ces données ont été mises en relation avec l’évaluation cognitive effectuée à 5 ans. Après prise en compte de nombreux autres facteurs importants, tels que le tabagisme ou des caractéristiques socioéconomiques, nous avons montré que, en moyenne, les enfants dont les mamans avaient consommé l’équivalent de plus de deux tasses de café par jour pendant la grossesse, avaient de moins bons résultats à certains tests, concernant l’espace. Cet effet n’était en revanche pas retrouvé avec des tests portant sur le développement du langage. Ces résultats sont nouveaux et demandent donc à être confirmés par d’autres études, avant d’affirmer qu’il s’agit d’un lien de cause à effet. Néanmoins, nos résultats vont dans le sens des recommandations de l’OMS, déjà en vigueur, et qui visent à limiter la consommation de caféine à moins de 200 mg par jour (équivalent à 2 tasses de café) pendant la grossesse. 

Galéra C, Bernard JY, vann der Werden J, Bouvard MP, Lioret S, Forhan A, De Agostini M, Melchior M, Heude B, on behalf of the EDEN mother-child cohort study group

Prenatal caffeine exposure and child intelligence quotient at age 5.5 years: The EDEN mother-child cohort.

Biological Psychiatry. 2016 Nov 1;80(9):720-726

 

 

 2015

 

Relation entre le statut social et les profils d'alimentation du jeune enfant

Camara  S, de Lauzon-Guillain  B, Heude  B, Charles  MA, Botton  J, Plancoulaine  S, Forhan  A, Saurel-Cubizolles  MJ, Dargent-Molina  P, Lioret  S, on behalf the EDEN mother-child cohort study group 

Multidimensionality of the relationship between social status and dietary patterns in early childhood: longitudinal results from the French EDEN mother-child cohort    

International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity. 2015 Sep 24;12:122

  

Profils alimentaires de la petite enfance à l'enfance 

Lioret S, Betoko A, Forhan A, Charles MA, Heude B, de Lauzon-Guillain B; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Dietary patterns track from infancy to preschool age: cross-sectional and longitudinal perspectives.

J Nutr. 2015 Apr;145(4):775-82. 

  

Composition en acides gras du colostrum et lien avec le développement cognitif de l'enfant à 2-3 ans

Bernard JY, Armand M, Garcia C, Forhan A, De Agostini M, Charles MA, Heude B.

The association between linoleic acid levels in colostrum and child cognition at 2 and 3 y in the EDEN cohort.

Pediatr Res. 2015 Jun; 77(6):829-35

 

 

 

 

 

2014

 

Facteurs épigénétiques associés à la croissance prénatale et postnatale de l'enfant

Il est bien connu que la croissance est en partie liée à notre patrimoine génétique mais qu’elle est aussi influencée par de nombreux autres facteurs, comme l’alimentation. C’est évident pour grandir vite, il faut avoir des gènes favorisant mais aussi assez d’énergie apportée par son alimentation. Depuis peu, on a découvert que l’alimentation mais aussi d’autres facteurs de notre environnement peuvent mettre des marques directement sur nos gènes pour les faire fonctionner plus ou moins vite. Certaines de ces marques s’effacent rapidement et d’autres peuvent perdurer, expliquant que l’alimentation, l’environnement au début de la vie puissent continuer à influencer le fonctionnement de notre organisme et notre santé bien des années plus tard. L’identification de ces marques sur les gènes en est encore à ses débuts.

Certains de nos gènes sont déjà connus pour posséder à l’état ‘normal’ des marques (que l’on appelle épigénétiques et qui correspondent à une réaction de méthylation) qui permettent que seul le gène hérité de l’un des deux parents fonctionne. Le gène hérité de l’autre parent est rendu silencieux par les marques épigénétiques. On connaît des maladies qui sont liées au fait que ce mécanisme fonctionne mal. Elles s’expriment par une croissance fœtale anormale avec des bébés qui sont à la naissance trop petits ou trop grands. Avec le prélèvement de sang du cordon ombilical effectué à la naissance dans l’étude EDEN, nous avons cherché à identifier si nous pouvions retrouver des changements au niveau de la méthylation du gène impliqué dans une de ses maladies, le gène ZAC1. Bien que personne ne soit atteint de cette maladie dans l’étude EDEN, nous avons montré que des variations dans le degré de méthylation du gène ZAC1 sont associées à la vitesse de croissance au troisième trimestre de la grossesse mais aussi dans la première année de vie. Le degré de méthylation était aussi associé aux apports alimentaires en certaines vitamines et à la consommation d’alcool de la maman pendant la grossesse. Toutes ces relations sont de faible intensité et n’expliquent pas une grande part de la variabilité de la croissance entre les enfants car les gènes en cause sont nombreux, mais elles montrent l’intérêt d’étudier la « méthylation » des gènes pour comprendre les mécanismes reliant l’alimentation et la croissance.

 

Azzi S, Sas TC, Koudou Y, Le Bouc Y, Souberbielle JC, Dargent-Molina P, Netchine I, Charles MA

Degree of methylation of ZAC1 (PLAGL1) is associated with prenatal and post-natal growht in healthy infants of the EDEN mother-child cohort

Epigenetics. 2014 Mar;9(3):338-45

 

Facteurs associés à l’utilisation des différentes préparations infantiles et lien avec la croissance dans les 4 premiers mois de vie.

Une large gamme de préparations infantiles est disponible sur le marché français. Quels facteurs influencent le choix des mères? Existe-il des différences en termes de croissance dans les 4 premiers mois de vie selon le type de formule infantile donné au nourrisson ? Cette différence, si elle existe, s'explique-t-elle par la composition des laits ?

Pour répondre à ces questions, nous avons sélectionné 1349 nouveau-nés de la cohorte EDEN ayant été nourris durant au moins 1 semaine avec des préparations infantiles et pour lesquels le type de lait utilisé était connu. Les préparations infantiles utilisées de façon prédominante dans les 4 premiers mois de vie étaient des préparations classiques, hypoallergéniques, épaissies ou enrichies en pré-/probiotiques. Les résultats de cette analyse montrent que l’utilisation d’une préparation infantile non classique (hypoallergénique, enrichie en pré-/probiotique) était plus fréquente chez les mères les plus éduquées, primipares ou consultant des médecins spécialistes pour leur enfant. Les mères allaitant plus longtemps utilisaient plus souvent des préparations hypoallergéniques. La croissance de l’enfant entre 0 et 4 mois ne semblait pas associée au type de formule infantile utilisé par la mère dans la même période. Par contre, parmi ces enfants nourris au moins 1 semaine avec des préparations infantiles, les enfants allaités le moins longtemps avaient une croissance en poids et en taille plus élevée que les autres.

Betoko A, Charles MA, Hankard R, Forhan A, Bonet M, Regnault N, Botton J, Saurel-Cubizolles MJ, de Lauzon-Guillain B; the EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Determinants of infant formula use and relation with growth in the first 4 months.

Matern Child Nutr. 2014 Apr;10(2):267-79

Modélisation de l'évolution de l'IMC en fonction de l'âge

Botton J, Scherdel P, Regnault N, Heude B, Charles MA.

Postnatal weight and height growth modelling and prediction of body mass index as a function of time for the study of growth déterminants.

Ann Nutr Metab. 2014;65(2-3):156-66.

   

 

2013

 

Quel lien entre l’allaitement maternel et le développement à 2 et 3 ans?

Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une association entre durée d’allaitement maternel et développement cognitif de l’enfant. Cependant ces résultats demeurent discutés, notamment en raison des différences sociodémographiques entre les femmes qui allaitent longtemps et celles qui n’allaitent pas ou moins longtemps.

À partir des données de la cohorte EDEN, nous avons pu déterminer avec précision la durée d’allaitement maternel totale, ainsi que la durée d’allaitement maternel exclusive. Ces données ont été mises en relation avec les évaluations des parents sur le langage de leur enfant à 2 ans et sur son développement psychomoteur à 3 ans (voir encadré).

Tout en tenant compte d’un ensemble de caractéristiques de l’enfant et de sa famille, nos résultats montrent que, plus la durée d’allaitement maternel totale était longue, meilleurs étaient les résultats des évaluations des enfants à 2 et 3 ans. Et cette association était encore plus forte en considérant la durée d’allaitement maternel exclusif.

Ces résultats pourraient s’expliquer par la forte teneur en acides gras oméga 3 dans le lait maternel. Dans une prochaine étape, nous nous intéresserons donc à la composition du lait maternel. Grâce au suivi des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans, nous pourrons aussi examiner la persistance ou non des effets bénéfiques de l’allaitement maternel à plus long terme.

Bernard JY, De Agostini M, Forhan A, Alfaiate T, Bonet M, Champion V, Kaminski M, de Lauzon-Guillain B, Charles MA, Heude B; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Breastfeeding Duration and cognitive development at 2 and 3 years of age in the 'EDEN mother-child cohort'.

J Pediatr. 2013 Jul;163(1):36-42.e1.

 

 

Apport nutritionnels en oméga 3 et oméga 6 pendant la grossesse et développement cognitif à 2 et 3 ans

Les oméga 6 et les oméga 3 sont deux familles d’acides gras polyinsaturés, des nutriments essentiels pour le bon développement du cerveau du fœtus et du nourrisson. Ces acides gras sont apportés dans l’alimentation par la consommation d’huile végétale, de poisson, d’œuf et de graisse animale. Leurs effets biologiques dans l’organisme sont connus pour être opposés, c’est pourquoi les chercheurs s’intéressent parfois au rapport entre les oméga 6 et les oméga 3 dans l’alimentation.

À partir du questionnaire sur l’alimentation des mères pendant la grossesse et d’une table de composition nutritionnelle des aliments, nous avons pu déterminer les apports nutritionnels en oméga 6 et oméga 3 en fin de grossesse. Tout en tenant compte d’un ensemble de caractéristiques liées à l’enfant et à sa famille, nous avons mis en relation ces données avec les évaluations parentales du langage à 2 ans et du développement psychomoteur à 3 ans, ainsi que des évaluations réalisés par les psychologues lors de l’examen à 3 ans.

Cette étude a montré que, plus le rapport oméga 6 / oméga 3 dans l’alimentation maternelle était bas, meilleurs étaient les scores de développement psychomoteur des enfants à 2 et 3 ans. Ce résultat était particulièrement vrai chez les mères n’ayant pas allaité leur enfant. En revanche, le lien entre la durée d’allaitement maternel et le langage à 2 ans mis en évidence précédemment (voir Lettre no7, Juillet 2013), semblait plus fort chez les enfants dont les mères consommait préférentiellement des oméga 6 plutôt que des oméga 3.

Dans une prochaine étape, nous nous intéresserons à la composition du lait maternel, et grâce au suivi des enfants à l’âge de 5 ans, nous pourrons aussi examiner la persistance ou non de ces résultats.

 

 

Bernard JY, De Agostini M, Forhan A, de Lauzon-Guillain B, Charles MA, Heude B; EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

The dietary n6:n3 fatty acid ratio during pregnancy is inversely associated with child neurodevelopment in the EDEN mother-child cohort

J Nutr. 2013 Sep;143(9):1481-8

 

 

Influence des caractéristiques familiales sur l'alimentation des enfants pendant la première année de vie

Même s’ils sont souvent étudiés séparément, le mode d’allaitement et la façon dont se déroule la diversification alimentaire (introduction des aliments solides) sont associés entre eux notamment en raison de différences socioculturelles liées à la fois au mode d’allaitement et de diversification.

Nous avons donc cherché à caractériser l’alimentation de la 1ère année de vie dans sa globalité. Nous avons ainsi pu identifier 3 profils de pratiques alimentaires pendant la 1ère année de vie que nous avons nommé 1/ Introduction tardive des produits laitiers et utilisation de produits d’alimentation infantile, 2/ Allaitement long, introduction tardive des principaux composants du repas, utilisation d’aliments cuisinés à la maison, 3/ Utilisation de produits courants du commerce.

 

Nous avons pu montrer par exemple que les profils de pratiques alimentaires caractérisés soit par une introduction tardive des produits laitiers et une utilisation de produits d’alimentation infantile (profil 1) soit par un allaitement long, une introduction tardive des principaux composants du repas et une utilisation d’aliments cuisinés à la maison (profil 2) étaient associés à un âge et un niveau d’études de la mère plus élevés. Le premier profil était également associé positivement aux revenus du foyer et négativement à la parité alors que le deuxième profil était associé négativement à l’obésité de la mère. Le troisième profil, caractérisé par l’utilisation d’aliments courants du commerce, était plus développé chez les mères jeunes et multipares.

 

Betoko A, Charles MA, Hankard R, Forhan A, Bonet M, Saurel-Cubizolles MJ, Heude B, de Lauzon-Guillain B.

Infant feeding patterns over the first year of life: influence of family characteristics

Eur J Clin Nutr. 2013 Jun;67(6):631-7.

 

Durée de l’allaitement maternel, caractéristiques sociales et travail des mères de la cohorte EDEN.

En France, le taux d’allaitement maternel demeure faible comparé aux autres pays européens, bien qu’il soit en constante progression depuis 1972. Grace à la cohorte EDEN, nous avons pu regarder comment les caractéristiques sociodémographiques et l’emploi des mères de la cohorte EDEN influencent la durée de l’allaitement maternel. Les données sur l’alimentation des enfants étaient recueillies en maternité et ensuite par des questionnaires postaux, remplis à 4, 8 et 12 mois après la naissance.

 

Le moment de la reprise du travail est un facteur prédictif majeur de l’arrêt de l’allaitement maternel : le plus tôt la mère retourne au travail après la naissance, le moins longtemps elle allaite son enfant. Nous n’avons pas trouvé de différence selon que les femmes avaient repris leur travail à temps partiel ou à temps plein. Par ailleurs, les mères qui avaient le niveau d’études le plus élevé et celles qui ne fumaient pas ont allaité leur enfant plus longtemps que les autres femmes.

 

Nos résultats suggèrent qu’il est difficile pour les femmes de combiner allaitement et travail, notamment dans une société où l’allaitement maternel n’est pas la norme. Des actions spécifiques pourraient être mises en place pour promouvoir le maintien de l’allaitement maternel, d'une part auprès des femmes à la reprise du travail, et d'autre part auprès des emploeyurs et sur les lieux de travail.

 

Bonet M, Marchand L, Kaminski M, Fohran A, Betoko A, Charles MA, Blondel B; The “EDEN Mother–Child Cohort Study Group”.

Breastfeeding Duration, Social and Occupational Characteristics of Mothers in the French 'EDEN Mother-Child' Cohort.

Matern Child Health J. 2013 May;17(4):714-22

 

 

Influence des pratiques alimentaires des parents sur la consommation de fruits et légumes de leurs enfants : que disent les études de cohortes européennes?


Des études ont montré l’importance des premières années dans le développement des habitudes alimentaires, mais les étapes critiques dans l’acquisition de ces habitudes alimentaires ne sont pas connues précisément. Par ailleurs, de nombreuses études européennes ont mis en évidence la consommation insuffisante de fruits et légumes chez les enfants.

Un des objectifs du projet européen HabEat était de mettre en évidence les périodes et déterminants critiques dans la mise en place d’habitudes alimentaires saines, en portant une attention particulière à la consommation de fruits et légumes. Des analyses ont ainsi été réalisées en parallèle dans 4 cohortes européennes : ALSPAC au Royaume-Uni, EDEN en France, EuroPrevall en Grèce et Generation XXI au Portugal.

Dans un premier temps, nos analyses ont permis de mettre en évidence des différences marquées entre ces quatre pays à la fois sur les pratiques alimentaires précoces comme la durée d’allaitement ou l’âge de la diversification alimentaire et sur les habitudes alimentaires des jeunes enfants (2-5 ans). Ainsi, plus de 50% des mères portugaises allaitent leur enfant plus de 6 mois alors que cette proportion est autour de 30% dans les cohortes française, grecque et britannique. Concernant l’âge d’introduction des aliments solides, il se situe autour de 3 mois dans la cohorte britannique, 4 mois dans la cohorte portugaise, 6 mois dans la cohorte grecque et entre 3 et 6 mois dans la cohorte française. Enfin, concernant les apports en fruits et légumes des jeunes enfants (3-5 ans), si la fréquence de consommation des fruits est assez comparable dans les 4 pays (entre 1 et 1,5 fois/jour), la fréquence de consommation des légumes varie de 0,7 fois/jour en Grèce à 3,2 fois/jour au Portugal.

Dans un deuxième temps, nous avons pu montrer qu'une durée d’allaitement plus élevée était associée à un apport élevé en fruits et légumes chez les enfants de 3-5 ans. Par contre, l’âge d’introduction des fruits et légumes ne semblait pas associé à la consommation de fruits et légumes chez les enfants de 3-5 ans.

de Lauzon-Guillain B, Jones L, Oliveira A, Moschonis G, Betoko A, Lopes C, Moreira P, Manios Y, Papadopoulos NG, Emmett P, Charles MA.

The influence of early feeding practices on fruit and vegetable intake among preschool children in 4 European birth cohorts.

Am J Clin Nutr. 2013 Sep;98(3):804-12

 

2011

 

Influence de la corpulence de la mère et de la taille des parents sur les mesures échographiques.

Pendant la grossesse, l’échographie est utilisée en routine pour surveiller la croissance du fœtus, avec la mesure de plusieurs paramètres : périmètre abdominal, longueur du fémur, diamètre bipariétal, périmètre crânien, et une estimation du poids du fœtus à partir de ces paramètres. Ces mesures échographiques sont suivies au cours de la grossesse pour détecter des anomalies éventuelles, le plus souvent des enfants trop petits ou trop gros compte tenu du stade de la grossesse. Pour cela, elles sont comparées à des courbes échographiques standard, le plus souvent les mêmes pour tous les enfants, garçons ou filles : en pratique, on fait ainsi l’hypothèse que les facteurs qui affectent la croissance fœtale jouent assez peu avant la toute fin de la grossesse ; c’est cette hypothèse que nous avons explorée.

Pour EDEN, des mesures échographiques ont été réalisées de manière standardisée à 2 périodes de la grossesse, au début des 2ème et 3ème trimestres. Nous avons montré que dès le 2ème trimestre, les mesures échographiques variaient significativement selon le sexe de l’enfant, la taille et le poids de la mère et la taille du père. Plus précisément, le périmètre abdominal et le poids estimé du fœtus varient surtout selon la corpulence de la mère, alors que la longueur du fémur varie surtout en fonction de la taille des parents. Garçons et filles diffèrent pour toutes les mesures sauf la longueur du fémur.

Ces résultats suggèrent que pour mieux détecter des anomalies « pathologiques » de la croissance intra-utérine, parmi les enfants petits (ou gros), il pourrait être utile de pouvoir distinguer ceux qui sont petits (ou gros) parce que leurs parents le sont, et qui ne présentent pas de risque particulier, de ceux qui ont une réelle anomalie de croissance, et donc d’avoir des références échographiques tenant compte au minimum du sexe, des mensurations maternelles et si possible paternelles.

Albouy-Llaty M, Thiebaugeorges O, Goua V, Magnin G, Schweitzer M, Forhan A, Lelong N, Slama R, Charles MA, Kaminski M; and the “EDEN Mother-Child Cohort Study Group”.

Influence of fetal and parental factors on intra-uterine growth measurements: results of the EDEN mother-child cohort.

Ultrasound Obstet Gynecol. 2011 Dec;38(6):673-80.

 

 

Des concentrations plus élevées d’insuline dans le cordon sont associées à une croissance plus lente des filles jusqu’à 1 an.

Objectifs : Notre objectif était de comprendre les relations entre la glycémie maternelle pendant la grossesse et la croissance pré et post natale précoce en évaluant le rôle du peptide C et de l’IGF-I mesurés dans le sang du cordon avec un intérêt spécifique pour d’éventuelles différences garçons-filles.

Méthodes : Notre étude a porté sur 342 nouveaux nés de la cohorte EDEN dont les mères ne présentaient pas de diabète avant la grossesse. La glycémie maternelle a été mesurée entre 24 et 28 semaines de gestation. Le peptide C et IGF-I fœtaux ont été mesurés dans le sang du cordon à la naissance. L’indice de masse corporelle a été calculé a partir du poids avant grossesse déclaré par les mères. Les poids et tailles des enfants dans la première année ont été obtenus dans le carnet de sante. Une technique de modélisation de la croissance a été utilisée pour obtenir une courbe de croissance spécifique à chaque enfant. L’analyse statistique a été réalisée grâce a une analyse des chemins. Il s’agit d’un type de modèle à équations structurales, qui associe une analyse multivariée à une représentation graphique et permet d’évaluer le rôle de facteurs intermédiaires et de distinguer ainsi les effets directs, indirects et totaux.

Résultats : Le peptide C mesuré à la naissance dans le sang du cordon s’est révélé plus élevée chez les filles et positivement corrélé à l’IMC maternel avant la grossesse ainsi qu’à la glycémie maternelle pendant la grossesse. Dans un modèle de chemins représentant la croissance prénatale, il n’y avait pas d’effet direct de la glycémie maternelle pendant la grossesse sur le poids de naissance mais cet effet était médié par l’axe insuline- IGF-I fœtal chez les garçons et les filles. Cependant, chez les filles seulement, une concentration plus élevée de peptide C mesurée dans le sang du cordon (mais pas d’IGF-I ou de glycémie maternelle pendant la grossesse) était associée a une croissance pondérale plus faible dans les trois premiers mois de vie.

Conclusions : Cette étude souligne le rôle de l’axe insuline- IGF-I dans la relation entre glycémie maternelle pendant la grossesse et poids de naissance. Elle a également permis de montrer pour la premier fois à notre connaissance qu’une concentration élevée d’insuline dans le cordon est associée a une croissance ralentie dans la première année chez les filles seulement. Cette croissance précoce ralentie pourrait être programmée par l’hyperinsulinémie fœtale à laquelle les filles seraient plus susceptibles que les garçons.

Regnault N, Botton J, Heude B, Forhan A, Hankard R, Foliguet B, Hillier TA, Souberbielle JC, Dargent-Molina P, Charles MA; the EDEN Mother-Child Cohort Study Group.

Higher Cord C-Peptide Concentrations Are Associated With Slower Growth Rate in the 1st Year of Life in Girls but Not in Boys.

Diabetes. 2011 Aug;60(8):2152-9.

 

 

Déterminants de la perte de poids néonatale mesurée à trois jours de vie

Contexte : Les enfants allaités perdent en moyenne plus de poids dans les premiers jours de vie que les enfants nourris au lait artificiel. Il a été montré que la perte de poids néonatale augmentait avec le poids de naissance, était plus importante chez les filles et diminuait avec l’âge gestationnel mais aucune étude n’a évalué l’impact de la glycémie maternelle pendant la grossesse. De plus, les conséquences de cette perte de poids néonatale sur la croissance ultérieure restent à élucider.

Objectif : Notre objectif principal était d’étudier les facteurs associés à la perte de poids néonatale mesurée au troisième jour de vie chez des enfants nés à terme. Dans des analyses complémentaires, nous avons également étudié les associations entre perte de poids néonatale et devenir pondéral de l’enfant à 1 et 3 ans.


Matériel et méthodes :
Dans l’étude EDEN, les nouveau-nés ont été pesés tous les jours jusqu’à la sortie de la maternité, en moyenne à 4.5 jours de vie. Notre analyse a inclus 1557 enfants à terme pour lesquels le poids à trois jours et le mode d’alimentation à la maternité étaient disponibles. Les analyses ont été réalisées en utilisant des régressions linéaires multiples dans lesquelles la variable à expliquer était la perte de poids au 3ème jour de vie, exprimée comme le pourcentage de poids de naissance perdu dans cette période. Les principaux facteurs d’intérêt étudiés étaient l’IMC maternel avant grossesse, la prise de poids maternelle exclusive et le diagnostic d’un diabète gestationnel pendant la grossesse, le poids de naissance, l’âge gestationnel et le type d’alimentation de l’enfant.


Résultats : Les facteurs associés à une perte de poids néonatale plus importante, quel que soit le type d’alimentation, étaient : un poids de naissance plus élevé, un diagnostic de diabète gestationnel et une naissance par césarienne ; l’âge gestationnel était lui associé à une perte de poids néonatale réduite. L’association entre l’IMC maternel avant grossesse et la perte de poids néonatale différait selon le type d’alimentation de l’enfant. Chez les enfants allaités, la perte de poids moyenne s’étendait de 4.9 % pour les nouveau-nés de femmes maigres à 5.8 % pour les nouveau-nés de femmes obèses. Chez les enfants nourris au lait artificiel, la perte de poids néonatale était la plus élevée chez les enfants de femmes maigres (4.1 %) et la plus faible chez ceux nés de mères obèses (2.6 %).


Conclusions : La perte de poids néonatale plus faible chez les enfants nourris au lait artificiel, en particulier chez les nouveau-nés de femmes obèses, pourrait suggérer une sur-nutrition relative dans les premiers jours de vie par rapport aux enfants allaités par leur mère et pourrait potentiellement avoir des conséquences sur la santé ultérieure. De plus, les mères en surpoids et obèses pourraient avoir besoin d’un soutien renforcé pour prévenir un arrêt précoce de l’allaitement.

 

Regnault N, Botton J, Blanc L, Hankard R, Forhan A, Goua V, Thiebaugeorges O, Kaminski M, Heude B, Charles MA ; the EDEN mother-child cohort study group.

Determinants of neonatal weight loss in term-infants: specific association with pre-pregnancy maternal body mass index and infant feeding mode.

Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 2011 May;96(3):F217-22.

 

 

2010

 

Etude des déterminants de la croissance pondérale et staturale précoce chez les enfants nés à terme dans la cohorte EDEN

 

Contexte : Une croissance rapide dans les premiers mois de vie a été associée au surpoids et à l’obésité ultérieure.

Objectifs : Analyser les associations entre facteurs maternels, paternels et de l’enfant et le poids, la taille et les vitesses de croissance dans les trois premiers mois de vie.

Matériel et méthodes : Le poids, la taille et les vitesses de croissance instantanées du poids et de la taille (en g/jour et mm/jour) ont été estimés chez 1418 enfants nés à terme et leurs déterminants potentiels étudiés, notamment l’IMC (Indice de Masse Corporel) maternel avant la grossesse, la glycémie maternelle et la prise de poids pendant la grossesse, l’IMC paternel et le mode d’alimentation de l’enfant dans les trois premiers mois.

Résultats : L’obésité maternelle et la glycémie maternelle pendant la grossesse étaient associées au poids et la taille de l’enfant à la naissance mais ne l’étaient plus à un et trois mois. Par contre les enfants de mères maigres semblaient avoir une croissance plus faible dans les trois premiers mois de vie.

A contrario, il n’y avait pas d’association entre l’IMC du père et l’anthropométrie de l’enfant à la naissance mais, à trois mois, les enfants de pères obèses avaient un poids et une vitesse de croissance pondérale significativement plus élevés que les enfants de pères ayant un IMC normal. La prise de poids maternelle pendant la grossesse était toujours positivement associée au poids à trois mois mais plus à la vitesse de croissance à cet âge. L’allaitement maternel exclusif était associé à une vitesse de croissance pondérale plus faible dès le premier mois de vie par rapport à celle des enfants nourris au lait artificiel exclusif.

Conclusions : Dans les trois premiers mois de vie, les associations positives montrées entre l’obésité maternelle, la glycémie maternelle pendant la grossesse et l’anthropométrie à la naissance semblent progressivement disparaitre alors que l’émergence d’une association avec l’IMC paternel pourrait indiquer une influence postnatale précoce de la génétique paternelle. Parmi les déterminants que nous avons étudiés, certains sont potentiellement modifiables tels la prise de poids maternelle pendant la grossesse et le type d’alimentation. L’identification de profils optimaux de croissance reste cruciale avant de pouvoir proposer des recommandations cliniques.

 

Regnault N, Botton J, Forhan A, Hankard R, Thiebaugeorges O, Hillier TA, Kaminski M, Heude B, Charles MA.

Determinants of early ponderal and statural growth in full-term infants in the EDEN mother-child cohort study.

Am J Clin Nutr. 2010 Sep;92(3):594-602.

 

 

 

 

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